Les relations intergénérationnelles, grandes perdantes de la crise sanitaire

La crise sanitaire a entrainé de nombreux changements forcés dans les relations sociales notamment intergénérationnelles. Pour faire un état des lieux, OpinionWay pour Service civique a mené un sondage auprès de 2232 personnes, avec pour moitié des jeunes 16-25 ans et pour l’autre moitié des seniors de 65 et plus. 

Il en ressort que la crise sanitaire a entrainé un recul des relations sociales pour 56% des personnes interrogées tant jeunes que seniors. Au-delà, 21% des jeunes déclarent avoir connu un renforcement de leurs relations sociales quand 40% des seniors constataient une stabilité.   

Le manque de relations sociales, entraine un sentiment de solitude plus fort chez les jeunes que chez les seniors. Chez les 16-25 ans, 15% déclarent « souffrir beaucoup de solitude » et 50% « parfois », soit un total de 65%, contre un sentiment plus faible chez les 65 ans et plus avec 5% déclarant « le ressentir beaucoup » et 36% « parfois ». Ce sentiment est aggravé chez les jeunes ayant un revenu inférieur à 2000€ par mois (71%) et chez les seniors à faible revenu (52%) ou divorcés (53%).  

Ce sont les relations intergénérationnelles qui semblent le plus avoir souffert du recul des relations sociales puisque 75% des 16-25 ans déclarent avoir réduit leurs relations sociales avec les seniors à cause de la crise sanitaire et ces derniers sont 69% à constater une réduction des relations avec les 16-25 ans. 

Les deux groupes d’âge partagent le constat d’un manque de lien ou relation entre eux avec les seniors qui regrettent un peu plus ce manque d’échanges (71%) que les plus jeunes (61%).  L’impact négatif de ce manque de relation est partagé dans les mêmes proportions : 86% des jeunes et 90% des seniors pensent que « quand elles ne se côtoient pas assez, ne se connaissent pas suffisamment, les générations ont une moins bonne image les unes des autres » et 81% des jeunes et 87% des seniors soutiennent que « avant, il y a 30 ou 40 ans, les générations se côtoyaient plus qu’aujourd’hui ». Ils divergent cependant un peu sur le fait que « la société actuelle ne favorise pas les occasions de rencontre entre les jeunes et les seniors », une grosse moitié de jeunes est d’accord (56%) contre les trois-quarts des seniors (76%).  

88% des jeunes et 92% des seniors pensent « qu’en France, aujourd’hui beaucoup de seniors souffrent d’isolement social » cependant les plus jeunes comme les plus âgés sont moins de 40% à connaître des seniors qui souffrent de solitude ou d’isolement social tant dans le voisinage, que parmi les connaissances ou dans leur famille. Un signe de la difficulté de repérer des personnes âgées désocialisées. 

C’est au sein de la famille que se présentent le plus les occasions régulières d’échanges entre les générations : 70% des jeunes, 65% des seniors ont l’occasion d’échanger au sein de la famille régulièrement. Hors du cadre familial, les occasions sont plus réduites 41% des jeunes déclarent avoir l’occasion de le faire régulièrement contre 23% des seniors. Les seniors regrettent très majoritairement (73%) le manque de temps passé avec les jeunes, alors que ces derniers ne sont qu’une grosse majorité (55%) à le déplorer. Le motif principal mis en avant par les seniors pour ce manque de relation est l’éloignement géographique pour 48% d’entre eux alors que chez les jeunes l’éloignement géographique des seniors qu’ils connaissent (36%) explique tout autant le manque de relations que « les contraintes professionnelles ou familiales » (41%). 

Ils reconnaissent les bénéfices réciproques de ces rencontres et les partagent mais pas toujours dans les mêmes proportions. Les jeunes pensent que passer du temps avec les seniors leurs apporte des connaissances (55%), de la curiosité pour une autre génération (50%), de l’ouverture d’esprit (49%), du bien-être (39%) et de l’empathie (36%) alors que leurs ainés apprécient très majoritairement l’ouverture d’esprit que cela génère (71%), la curiosité (60%), les connaissances (40%), l’énergie (39%) et le bien-être (34%). Ils partagent le constat que le renforcement des relations évite davantage la dégradation mentale des seniors que leur dégradation physique. Ils sont plus d’un tiers à penser que cela lutte tout à fait contre les préjugés entourant les seniors et contre une vision négative du vieillissement. 

Face à ce constat, il faut donc trouver comment établir davantage de liens entre les générations, ce que le Service Civique Solidarité Seniors permet, un service connu de la majorité des jeunes et par seul un tiers des plus âgés. 

Source :  Sondage OpinionWay pour Service civique sur les relations intergénérationnelle menée en février 2022 auprès de 2232 personnes avec pour moitié des jeunes 16-25 ans et pour l’autre moitié des seniors 65.