Avoir 60 ans en 2018

Avoir 60 ans en 2018

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Qu’est-ce qu’avoir 60 ans en 2018 ? C’est aborder le passage à la retraite avec plus ou moins d’appréhension, profiter de la vie, faire les activités que l’on aime, profiter de sa famille et voyager.

Colette, Sherry et Claudia fêtent leur 60 ans cette année ! Elles sont nées en France, en Angleterre et en Allemagne, en 1958, comme Alain Chabat, Gary Oldman et Amelie Fried. Leur adolescence a été marquée par les vestes à épaulettes, les matières synthétiques, les couleurs fluo, le styling des cheveux et les paillettes. Elles se sont déhanchées sur Abba, ont roulé à bord d’une R5 ou d’une Golf VW et ont voté pour la première fois aux élections de François Mitterrand, Margaret Thatcher et Helmut Kohl. Elles ont assisté au mariage de Lady Diana en direct à la télévision en 1981.

Claudia aborde le passage à la retraite avec un peu d’appréhension. Colette et Sherry, elles, sont retraitées depuis deux ans. En France, à 60 ans, 20% des femmes et 30% des hommes sont déjà à la retraite. Les Belges de 60 ans ont une situation très similaire à celle des Français puisque les hommes partent à la retraite en moyenne à 61,3 ans et les femmes à 59,7 ans. Au Royaume-Uni et en Allemagne, il faut attendre encore 3 à 4 ans pour avoir droit à une pension de retraite. L’âge moyen de départ au UK est de 63,2 ans pour les femmes et 64,6 ans pour les hommes. En Allemagne, c’est 63,3 ans pour les hommes et 63,2 pour les femmes.

L’heure de la retraite

Colette, Sherry et Claudia ne se voient pas passer la retraite comme leurs parents qui appartiennent à la génération d’avant-guerre. Elles ont grandi dans une société de consommation avec des valeurs et des aspirations bien différentes. Elles ne veulent pas passer des heures devant la télévision ou garder leurs petits-enfants toute la journée : elles veulent profiter de leur temps libre et s’adonner aux activités qu’il leur était impossible de faire lors de leur vie active, par manque de temps. Elles comptent bien utiliser le fruit de leur labeur pour profiter de la retraite.

Lire notre article : Deux générations de seniors bien différentes

Les femmes ont été beaucoup plus nombreuses à travailler que dans les générations précédentes car le taux d’activité féminine a progressé dans tous les pays. Il a ainsi augmenté de 9 points entre 1971 et 1991 en France, de 12 points en Belgique, 13% en Allemagne et 15% au Royaume-Uni. Ce qui signifie que les couples ont plus souvent deux retraites ce qui en fait les retraités aux revenus les plus élevés en France, par rapport aux générations précédantes.

Au-delà du travail, ces femmes ont obtenu des droits qui leur ont permis d’avoir un plus grand pouvoir de décision sur leur vie personnelle, avec des temporalité cependant différentes selon les pays. L’avortement, par exemple, a été dépénalisé en 1967 au Royaume-Uni, en 1975 en France, mais il a fallu attendre 1990 en Belgique et 1995 en Allemagne.

Lire notre article : Statut de la femme : de la génération silencieuse aux Baby-Boomeuses

Qu’ils soient à 1 , 3 ou 4 ans de la retraite, les soixantenaires peuvent être confrontés à des incertitudes quant au maintien de leur niveau de vie une fois cessée leur activité. En effet, passage à la retraite signifie pour beaucoup une diminution significative des revenus du ménage. En France, le revenu médian des ménages entre 60 et 64 ans est par exemple inférieur de 13% à celui des 55-59 ans.  De même en Allemagne, les ménages entre 65 et 70 ans ont un revenu net moyen inférieur de 16% à ceux qui ont entre 55 et 65 ans et sont donc en majorité actifs.

Lire notre article : C’est en France que le revenu médian annuel baisse le moins à la retraite

Une majorité d’ « Actives Connectées »

Très connectées, Colette, Sherry et Claudia sont équipées de Smartphones (54% des 60-69 ans en France), tablettes et ordinateurs, sur lesquels elles utilisent régulièrement internet (83% des 60-69 ans qui disposent d’une connection internet à domicile).

Signe que l’utilisation d’internet est entrée dans leur quotidien, les Baby-Boomers sont une majorité à se connecter tous les jours, avec cependant des disparités importantes selon les pays. En France, 57% des 55-64 ans se connectent tous les jours (7), contre 77% au Royaume-Uni. Les Belges (65%) et les Allemands (66%) se situent à une place intermédiaire.

La retraite, oui, mais active !

Colette, Sherry et Claudia sont encore actives et en pleine forme. Claudia est toujours salariée et sera retraitée dans trois ans. Sherry passe tous ses mercredi après-midi à jouer dans un club de bridge. Colette, elle, fait partie d’une association sportive de randonnée. Ces activités sont possibles parce qu’elles sont toutes trois globalement en bonne santé.

Lire notre article : Les seniors sont de plus en plus nombreux à s’engager dans une association

Avec une espérance de vie en bonne santé à 65 ans de plus de 10 ans, les soixantenaires sont une majorité à pouvoir continuer à avoir les activités qui leur plaisent :

  • 27 ans pour les femmes, 11,2 ans pour les hommes en Belgique
  • 12,3 ans pour les femmes, 11,4 ans pour les hommes en Allemagne
  • 10,7 ans pour les femmes, 9,8 ans pour les hommes en France
  • 10,4 ans pour les femmes, 10,2 ans pour les hommes au Royaume-Uni

Les soixantenaires sont une majorité à pouvoir continuer à avoir des activités qui leur plaisent. En revanche, les maladies chroniques touchent une partie non négligeable de la population autour de 60 ans. L’hypertension artérielle, par exemple, touche particulièrement les Allemands entre 55 et 64 ans, avec 28,5% des personnes qui déclarent cette maladie contre 16,5% des Belges, 16,4% des Britanniques et 14,4% des Français. Mais les Baby-Boomers ne considèrent pas ces maladies comme des freins à leur mode de vie actif.

Les seniors sont plutôt satisfaits de la proximité avec leur famille

La famille avant tout

Autre élément important pour Colette, Sherry et Claudia : les relations avec leurs familles. Elles considèrent la famille comme un élément primordial pour bien vieillir, d’autant plus que Colette et Sherry ont des petits-enfants. Sherry a cinq petits-enfants entre 6 et 12 ans à qui elle rend visite plusieurs fois par semaine. Colette aide garde ponctuellement sa petite-fille d’un an pour aider son fils. Claudia a une fille de 30 ans qui n’a pas d’enfant et elle s’occupe régulièrement de sa mère âgée de 85 ans.

Ainsi, en France et en Belgique, 2/3 des personnes entre 60 et 65 ans sont grands-parents. En Allemagne, la proportion de grands-parents à cet âge est moins élevée (47%), résultat de la fécondité moins élevée des générations suivantes.

La plupart des petits-enfants sont encore en bas âge lorsque leurs grands-parents ont 60 ans, ces derniers pouvant donc être amenés à les garder, pendant les vacances ou en soirée. Ce lien intergénérationnel est très largement investi par les soixantenaires. Au Royaume-Uni, une étude a montré que 89% des grands-parents se sentaient proches de leurs petits-enfants et que cette relation, qu’ils appréciaient, les maintenaient dans une certaine forme physique.

On observe cependant chez les grands-parents une attitude différente entre les soixantenaires, Baby-Boomers, et les plus âgés, issus de la génération silencieuse. Tandis que ces derniers envisagent le soin aux petits-enfants comme un devoir, les premiers ne souhaitent pas que cela entrave leur liberté. Les relations entre les grands-parents Baby-Boomers et leurs petits-enfants prennent donc moins souvent la forme d’un engagement régulier. De plus, à 60 ans, plus du tiers des personnes (32% des Allemands entre 60 et 64 ans, 42% des Français et 35% des Belges) a encore un parent en vie.

Des adeptes de la Sharing Economy

Avoir 60 ans en 2018, c’est se projeter dans environ 25 ans de vie tout en préparant sa retraite. Une période de vie sur laquelle reposent de nombreuses attentes, plus ou moins précises et pour lesquelles les personnes se sont plus ou moins préparées. De manière générale, le passage à la retraite, souvent l’occasion d’un réflexion sur les priorités personnelles ou familiales, est un moment de remise en question de son mode de vie et de ses dépenses.

Les Baby-Boomers abordent cette période de vie différemment de leurs parents en la considérant moins comme un « retrait » : ils veulent continuer à s’impliquer dans des activités, des relations, des apprentissages. Ainsi, certains soixantenaires font le choix de s’impliquer dans la Sharing Economy. Airbnb France a d’ailleurs publié un rapport spécial sur les hôtes de 60 ans et plus, qui sont de plus en plus nombreux à accueillir des voyageurs chez eux et sont les mieux notés. D’après l’observatoire « Les Baby-Boomers et l’Innovation », la Sharing Economy a plus de succès en France, où 23% des Baby-Boomers envisagent par exemple d’avoir recours au covoiturage (que ce soit en passager ou conducteur) contre moins de 6% au UK ou en Allemagne.

Source : Seniosphère Conseil