Une étude américaine de 2017 a mis en avant les effets dévastateurs de la pollution atmosphérique sur la santé des personnes de plus de 65 ans. Une exposition à court terme aux particules fines et à l’ozone cause des décès prématurés chez les seniors américain·es.

L’étude a été menée par une équipe du Harvard T.H Chan School of Public Health, qui a pris en compte des données récoltées pendant 12 ans, concernant plus de 68,5 millions de personnes appartenant au programme fédéral de santé Medicare.

Le standard actuel de la qualité de l’air aux Etats-Unis est de 12 μg/m3 par an. Une exposition quotidienne à la pollution aux particules fines PM2,5 (soit 10 μg/m3 par an) et à l’ozone, a été analysée lors de cette étude. Les données ont été croisées avec les codes postaux des participants et les données de pollution des différentes villes. La santé physique et le statut social des 65+ ont aussi été pris en compte : études, revenus, éthnicité, consommation de tabac, IMC, etc.

Certains groupes sociaux sont particulièrement vulnérables. Le risque de mourir de la pollution aux particules fines et à l’ozone est particulièrement élevé chez les seniors noir·es, de genre féminin et aux faibles revenus. Les risques de mortalité sont trois fois plus élevés parmi les personnes non éligibles à Medicaid. Les femmes non blanches ont un risque de mortalité 25% plus elevé que les hommes blancs.

C’est pendant la saison chaude (entre avril et septembre) que la pollution aux particules fines et à l’ozone est la plus élevée aux Etats-Unis. Le taux d’augmentation de la pollution de l’air est intimement lié à l’augmentation du taux de mortalité.

“Nous avons découvert que le taux de mortalité augmentait de façon linéaire avec l’augmentation du taux de pollution, a expliqué Francesca Dominici, professeure de biostatistique, co-directrice de  la Harvard Data Science Initiative et auteure de l’étude. Quelque soit le niveau de pollution de l’air, qu’importe s’il est faible, c’est dévastateur pour la santé humaine.

Les résultats ont montré qu’en abaissant le niveau de pollution aux PM2,5 (recommandé par l’OMS), on pourrait entrainer un recul de 6 à 7% du risque de mortalité des personnes de plus de 65 ans. Ce sont 143 257 vies qui pourraient être sauvées sur une décennie.

« Cette nouvelle étude […] a montré que les standards américains actuels de concentration de particules PM2,5 ne sont pas assez protecteurs et devraient être abaissés pour s’assurer que les populations vulnérables, comme les personnes âgées, soit en sécurité », a expliqué Xiao Wu, cosignataire de l’étude.

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Sources :
https://www.hsph.harvard.edu/news/press-releases/air-pollution-premature-death-u-s-seniors/
https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/pollution-pollution-air-augmente-risque-mortalite-chez-seniors-81755/