Statut de la femme : de la génération silencieuse aux Baby-Boomeuses

Statut de la femme : de la génération silencieuse aux Baby-Boomeuses

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Nous avons vu dans notre précédent article que les Baby-Boomeurs étaient plus diplômés que leurs parents et que cela était en partie dû aux changements d’image et de statut de la femme dans les années 50.

Dans les années 30, la plupart des femmes étaient femmes au foyer. Elles se mariaient généralement très jeunes et vivaient sous la tutelle de leur mari, ou de leur père si elles étaient célibataires. Le droit de disposer de leur salaire ne leur a été accordé qu’en 1907. Le droit de vote des femmes a été rejeté deux fois par le sénat en 1922 et en 1932 avant d’être accordé en 1944. Les femmes ont voté pour la première fois aux élections municipales le 29 avril et le 13 mai de la même année.

Salon des arts ménagers affiche 1948

 

L’entretien de la maison et l’éducation des enfants étaient la principale activité de la plupart des femmes nées avant la seconde guerre mondiale.

Le ménage était un “art” pour ces générations, avec la multiplication des appareils et accessoires ménagers, qui facilitent le travail des femmes. Elles y consacraient une grande partie de leurs journées avec l’éducation des enfants. Un salon des Arts Ménagers a même vu le jour à Paris en 1926 (le dernier salon a eu lieu en 1961). Les dernières nouveautés des grandes marques d’électroménager y étaient présentées.

 

 

En 1906, le travail féminin représentait 37% de la population active, principalement dans le secteur textile. Avec les deux guerres mondiales, les femmes se sont déployées dans de nouveaux secteurs d’activités comme d’industrie, la chimie, l’automobile et l’armement (les munitionnettes). On peut parler d’une certaine émancipation à cette époque dans le sens où les emplois tertiaires se sont féminisés après la guerre : service public, enseignement, métiers du soin et du social, etc. Mais les écarts de salaires restaient considérables, les postes importants quasiment inaccessibles et les opportunités de carrières moindre.

Des femmes plus libres

Chez les Baby-Boomers, l’image de la femme change. On met en avant son côté libéré, quitte à choquer les générations précédentes, à l’image de Brigitte Bardot dans Et Dieu créa la femme sorti en 1956.

Le bikini et les mini-jupes se démocratisent, ainsi que les tenus “garçonnes” et les coupes de cheveux courts comme celle de Twiggly Lawson, célèbre mannequin britannique des années 60.

Twiggly Lawson

Le Mouvement de Libération de la Femme

Parmi les Baby-Boomeuses – qui ont aujourd’hui entre 50 et 70 ans – certaines étaient adolescentes ou jeunes adultes en 1968 et se sont battues pour faire valoir leurs droits. Mais ce n’est que dans les années 70 que les combats pour la libération de la femme ont été menés avec le Mouvement de Libération de la femme. Le mouvement est inspiré des Women’s Lib aux Etats-Unis. La première action médiatique du MLF a eu lieu le 26 août 1970 : un groupe de femmes est allé déposé une gerbe de fleur sur la tombe du soldat inconnu pour rendre hommage à sa femme :

« Il y a plus inconnu que le soldat inconnu, sa femme. »

Le MLF a notamment milité pour :

  • le droit à l’avortement avec le Manifeste des 343 qui regroupe des témoignages de femmes ayant avorté. L’avortement est devenu légal en 1975 avec la loi Veil. L’IVG est remboursé par la sécurité sociale avec la loi Roudy de 1982.
  • le droit à la contraception : la loi Neuwirth de 1967 autorise l’usage de contraceptif et abroge la loi de 1920 qui l’interdisait. Les moyens de contraception sont remboursés par la sécurité sociale à partir de 1974.
  • l’égalité homme femme : parité, égalité professionnelle, parentale, etc.
  • le droit de disposer de son corps, le droit au plaisir sexuel, etc.

Ce changement d’image de la femme a également profondément changé son statut. L’émancipation des femmes a joué un rôle dans l’augmentation du niveau de qualification des français. Elle n’est plus seulement une épouse et mère de famille, elle est active. C’est en 1965 que les femmes ont obtenu le droit de gérer leurs biens, d’ouvrir un compte bancaire et d’exercer une activité professionnelle sans l’autorisation de leur mari.

En 1968, elles sont environ 7,14 millions à travailler pour quasiment le double d’hommes. Le nombre de femmes actives a progressé au rythme d’un million par décennies à partir des années 70. En 2015, un peu plus de 14 millions de femmes étaient actives.

Sources :
– Seniosphère Conseil
http://www.lyceedadultes.fr/sitepedagogique/documents/HG/HG1S/1S_H24_T5_Q2_C3_La_place_des_femmes_dans_la_vie_politique_et_sociale_en_France.pdf
– http://www2.assemblee-nationale.fr/decouvrir-l-assemblee/histoire/le-suffrage-universel/la-conquete-de-la-citoyennete-politique-des-femmes
– http://fresques.ina.fr/jalons/fiche-media/InaEdu04504/la-mobilisation-des-femmes-dans-l-economie-et-au-service-de-l-effort-de-guerre.html
http://8mars.info/en-france-le-mlf-n-emerge-qu-a-partir-de
http://www.liberation.fr/societe/2008/10/07/mlf-1970-annee-zero_112802
– Insee : Données détaillées sur l’enquête emploi en continue (2015) / Population active / Population active selon le sexe, l’âge quinquennal et le diplôme http://www.insee.fr/fr/themes/detail.asp?ref_id=ir-irsoceec15&page=irweb/irsoceec15/dd/irsoceec15_nat_pact.htm
– Insee : Un siècle de travail des femmes en France (1901 – 2011) http://www.insee.fr/fr/insee-statistique-publique/connaitre/colloques/inegalites/pdf/maruani-meron_presentation.pdf


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