Les Baby-Boomers sont plus diplômés que leurs parents

Les Baby-Boomers sont plus diplômés que leurs parents

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En France, les jeunes seniors – les BabyBoomers – sont plus diplômés que les personnes plus âgées, qui sont entrées plus tôt sur le marché du travail et n’ont pas profité des 30 Glorieuses.

En France, le niveau de qualification des individus augmente au fil des générations. Les jeunes sont plus souvent diplômés d’études supérieures que leurs aînés. Ce schéma est aussi remarquable au sein des tranches d’âge seniors : les 50-64 ans sont plus diplômés que les 65+. Chez les 50-64 ans, on retrouve plus de personnes ayant obtenu le baccalauréat et plus, que de personne sans diplôme (ou Certificat d’Études Primaires). C’est l’inverse chez les 65+ où près une personne sur deux ne possède aucun diplôme (ou CEP) et 24% qui ont au moins le bac.

Niveau du diplôme le plus élevé selon l'âge en France
Champ : Population de 20 ans et plus, France métropolitaine
Source : Enquête Emploi 2014

Baby-Boom et société de consommation

En 1959, l’école est devenue obligatoire jusqu’à 16 ans, ce qui a participé à l’amélioration du niveau de qualification des jeunes adultes de l’époque. Les Baby-Boomers ont également bénéficié d’un marché de l’emploi favorable et ont très peu connu le chômage.

Ils sont nés à la fin des années 40 et dans les années 50. Contrairement à leurs parents, nés avant la seconde guerre mondiale, ils n’ont pas connu le rationnement. Ils connaissent les débuts de la société de consommation et les nouveaux produits apportés par le débarquement américains (Coca Cola, Blue-Jean, chewing-gum, etc.). Leur jeunesse est marquée par le désir d’émancipation. Les vélos, qui étaient le moyen de locomotion privilégié de la génération avant-guerre, sont remplacés par les motocycles qui confèrent une plus grande autonomie. Le Rock’n’roll, les Yéyé et les idoles américaines débarquent en France : Elvis Presley, James Dean, Marlon Brando, etc.

L’évolution de l’image et de la place de la femme dans les années 50/60 a également grandement influencé le niveau de qualification de cette génération. Elles ont ont suivi de plus longues études et le taux de femmes actives a progressivement augmenté (+ 1 million par décennie à partir des années 70). Retrouvez notre article détaillé en cliquant sur le lien suivant : Statut de la femme, de la génération silencieuse aux Baby-boomeuses.

La génération avant guerre est arrivée plus tôt sur le marché du travail

Si les seniors les plus âgés sont moins qualifiés que leurs enfants et petits-enfants, c’est en partie parce que l’école n’était pas obligatoire jusque 16 ans. Une personne de 65 ans sur 2 possède son Certificat d’Etudes Primaires et seulement 6% le brevet des collèges.

Le Certificat d’Études Primaires a été mis en place en 1866. Il entre dans le cadre de la loi Jules Ferry (1882) qui rend l’école primaire obligatoire de 6 à 13 ans. Le CEP était décerné après un examen public auquel chacun pouvait se présenter dès l’âge de 11 ans. Si un candidat obtenait son CEP à 11 ans, il était dispensé de continuer l’école jusqu’à 13 ans.
C’est pourquoi la plupart des personnes nées avant la seconde guerre mondiale, âgées aujourd’hui de plus de 90 ans, entraient sur le marché du travail dès l’âge de 11 ans.

Source :
– Seniosphère Conseil
– Insee : Un siècle de travail des femmes en France (1901 – 2011) http://www.insee.fr/fr/insee-statistique-publique/connaitre/colloques/inegalites/pdf/maruani-meron_presentation.pdf


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