Des objets connectés pour développer la prévention

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Jeudi 2 et vendredi 3 février derniers s’est déroulée la première édition du salon AgeingFit à Lille. Des professionnels de la santé et des entreprises innovantes étaient présents pour échanger sur l’intérêt de l’innovation à destination du bien vieillir.

L’un des plus grands défis actuels en Europe est d’adopter des politiques et stratégies pour répondre aux exigences de l’évolution démographique. Rien qu’en France, il faudra compter avec 10,4 millions de seniors supplémentaires en 2070. Quelles solutions pour garder les seniors en bonne santé ? Pour l’ensemble des intervenants présents sur le salon, c’est la prévention qu’il faut développer en associant technologie et moyens humains.

Lors de la conférence sur la co-création, Lise Pape, directrice de Walkwithpath, a présenté les deux projets de sa Start Up :

  • Pathfill permet de traiter la neuropathie sensorielle, lorsque le patient perd la sensation de toucher sous les pieds. 41 millions de personnes seraient touchées à travers l’Europe et les Etats-Unis. Cette neuropathie augmente le risque de chute et entraîne des frais importants de soin. Cette innovation préventive produit des vibrations dans le pied et accentue la sensation de toucher au contact du sol. Des études cliniques ont été menées avec l’université de Londres et des patients.
  • Pathfinder est dédié aux personnes atteintes de Parkinson (10 millions de cas à travers le monde). Un des symptômes de la maladie donne l’impression d’être collé au sol, que les pieds ne suivent plus le mouvement, entraînant un risque de chute. Pathfinder est une solution simple : elle donne une indication visuelle qui stimule la personne et l’encourage à faire un pas supplémentaire.

Mais pour que de telles innovations fonctionnent, il faut convaincre les professionnels de la santé et les patients de les adopter. Les patients les plus âgés peuvent être réticents face à la technologie : ils ne l’ont jamais utilisée, n’en comprennent pas l’intérêt ou se méfient de la nouveauté. Les professionnels de la santé, eux, doivent accepter les nouvelles pratiques, mais surtout être formés tout au long de leur activité.

15% des professionnels de santé utilisent l’IoT dans leur activité

Selon une étude menée en 2016 par Withings et la Mutuelle d’Assurances du Corps de Santé Français (MACSF), un quart des professionnels de santé utilisent les objets connectés dans leur vie privée et un sur cinq possède un traqueur d’activité, soit trois fois plus que la moyenne des français (IFOP, observatoire des objets connectés 2014). Ils font partis des « early adopters », c’est-à-dire qu’ils  sont parmi les premiers à avoir essayé et adopté les objets connectés liés à la santé. Mais seuls 15% intègrent ces objets dans leur cabinet.

Parmi les objets connectés utilisés en cabinet, on retrouve principalement ceux qui permettent d’établir un diagnostic (43%) : électrocardiogramme, mesure de la tension artérielle, glucomètre, etc. Les professionnels de santé utilisent également des applications mobiles, notamment pour consulter des encyclopédies médicales.

Même s’ils semblent peu utiliser l’IoT (« Internet of Things », en français « internet des objets ») dans le cadre de la prévention, ils sont 75% à penser que ces objets peuvent contribuer à améliorer la prévention et 80% à penser que c’est un moyen pour les patients de s’impliquer davantage dans leur maladie. 1 tiers d’entre eux estiment que l’IOT peut améliorer la relation avec le patient et développer la confiance.

Manque de confiance face au numérique

Malgré ce positivisme, 40% craignent pour le secret médical et la protection des données numériques. 34% ont également des craintes vis-à-vis de la responsabilité, dans le cas où une application qu’ils auraient recommandée finirait par être mise en cause dans la dégradation de l’état de santé d’un patient.

Ce manque de confiance est un frein au développement de l’innovation. Selon Jackie Marshall-Cyrus, consultante innovation présente au salon, il faut adapter les systèmes de santé, former professionnels et aidants, analyser les problématiques territoriales, trouver de nouveaux financements et créer de nouveaux modèles de financements. La Silver économie a de beaux jours devant elle.

Sources :
Etude Objets connectés Withings MACSF

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