Choisir les bons mots pour accompagner le vieillissement

Choisir les bons mots pour accompagner le vieillissement

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La Fondation pour le bien-vieillir Korian a mené une étude sur le vocabulaire lié à la vieillesse auprès de 1000 Français de 25 à 65 ans. Il en ressort que certains termes employés pour parler des aînés peuvent être perçus comme réducteurs, approximatifs ou même discriminants.

Identifier ce champs sémantique permet de savoir quels mots il est préférable d’employer afin de donner des valeurs positives à la vieillesse. Un lexique traduisant de l’empathie, de l’inclusion, de la considération et de la bienveillance est recommandé par l’étude.

La dépendance est souvent envisagée comme le basculement dans la « dernière tranche de vie ». Afin d’éviter ce sentiment inquiétant, il serait préférable de mettre de côté les expressions marquant une rupture comme « troisième âge » ou « personne dépendante » et choisir à la place un terme englobant toute une tranche de vie comme « aîné ». Il serait également mieux d’utiliser des verbes actifs comme « rester » à domicile à la place de « maintenir » à domicile. Ou l’expression « Il a besoin d’aide » pour se lever plutôt qu’ « il ne peut plus » se lever.

Les termes incluant la personne concernée et exprimant son libre arbitre sont également préférables comme un « refus » de faire une activité plutôt qu’une « opposition », un « accueil » en maison de retraite plutôt qu’une « admission ».

Le vocabulaire médicamenteux ou médical est, lui, à prendre avec délicatesse car il est source d’inquiétude et parfois d’incompréhension. De plus, la peur du déclin psychique est plus importante que les affections physiques : la démence est plus redoutée que le cancer par exemple. Ainsi, il faudrait utiliser des tournures moins absolues comme « troubles cognitifs » plutôt que « démence » ou « perte d’autonomie » plutôt que « dépendant » afin de dédramatiser et valoriser l’état de santé des aînés. Il est aussi recommandé d’utiliser des termes bienveillants comme « prendre soin de soi » et « être entouré » afin de privilégier l’idée du bien-vieillir.

185 mots jugés par 1000 Français

Les 185 mots de l’étude ont été sélectionnés parmi les termes utilisés au quotidien pour parler de la vieillesse, de la maladie, des résidents en EHPAD et des patients. Les éléments de langage ont été évalués grâce à une méthode de mesure de perception par un panel de Français et de professionnels travaillant en EHPAD. L’objectif de l’étude est de définir « les mots de demain pour le dire », pour mieux désigner et qualifier : les personnes âgées, le vieillissement, la dépendance, les métiers et les pratiques.

Les mots testés ont obtenu la note moyenne de 6/10, ce qui traduit un ressenti mitigé quant au vocabulaire utilisé généralement pour parler du vieillissement. Ainsi, les Français sont inquiets vis-à-vis du vieillissement, de la dépendance mais ne sont pas rassurés par les termes habituellement utilisés pour en parler : ils peuvent être trop techniques, mal compris ou parfois heurter.

L’étude a été organisée par Médiascopie en partenariat avec Notre Temps.

Retrouvez la synthèse de l’étude ici : Les mots du bien vieillir, Fondation Korian


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